Dans quelle mesure l’AICT peut-elle être vectrice d’une nouvelle forme de faire coopération avec l’Afrique ?
Problématique
Dans un contexte de reconfiguration des dynamiques de coopération avec l’Afrique, de quelles manières réadapter ses pratiques en prenant en compte les attentes de nos partenaires africains afin de maintenir et développer des coopérations aux aspirations communes ?
Contexte et dynamiques à l’œuvre
Depuis la fin des années 2010, plusieurs États africains connaissent une remise en cause profonde de leurs partenariats avec leurs partenaires occidentaux. Cette évolution s’inscrit dans une transformation structurelle des rapports de force internationaux, mais également dans une mutation des attentes des Etats africains en termes de coopération.
Dans ce contexte, la coopération décentralisée entre collectivités françaises et africaines se trouve directement affectée, incitant les acteurs concernés à repenser leurs pratiques. Les modalités historiques de coopération avec l’Afrique, telles que le jumelage ou l’aide humanitaire, apparaissent aujourd’hui fragilisées, ouvrant la voie à une redéfinition des actions internationales. Par conséquent, la coopération décentralisée est incitée à évoluer vers une redéfinition d’aspirations communes, la co-construction de projets et l’échange d’expertises, permettant des actions concrètes et impactantes. De nouvelles thématiques émergent, plus en phase avec les priorités locales en France et dans les pays africains concernés, parmi lesquelles le sport, l’innovation numérique, l’entreprenariat ou encore l’adaptation au changement climatique.
Cet atelier vise à offrir un espace de dialogue et d’analyse des dynamiques contemporaines de la coopération avec l’Afrique. En s’appuyant sur les attentes exprimées par les partenaires africains eux-mêmes, nous proposerons aux participants de collectivités françaises et africaines de croiser leur regard afin de coconstruire de nouveaux modes de faire coopération. Il s’agira ainsi d’identifier des pistes d’adaptation et d’explorer des approches innovantes, des nouvelles géographies de partenariat permettant aux collectivités françaises et africaines de renouveler leurs modes de coopération avec le continent.
Objectifs de l’atelier
• Appréhender les dynamiques de coopération à l’œuvre ainsi que son impact pour la coopération décentralisée française ;
• Être à l’écoute des attentes des partenaires africains afin d’identifier des aspirations communes et d’explorer de nouvelles approches de faire coopération ;
• Partager des retours d’expérience de collectivités territoriales engagées avec des territoires africains ;
1) Repenser ses coopérations déjà existantes avec nos partenaires africains : dépasser la coopération décentralisée pour aller vers une action internationale, ici et là-bas
Contexte : Aujourd’hui plus que jamais, les relations entre collectivités françaises et africaines connaissent de profonds bouleversements, nécessitant un renouvellement des modes de faire coopération. Afin de dépasser un modèle centré sur l’aide au développement, caractérisé par des rapports encore trop descendants, les coopérations doivent intégrer plus de réciprocité en mobilisant davantage d’acteurs dès la conception du projet : diasporas, associations, acteurs économiques... En ce sens, cet atelier se veut être un espace de dialogue pour identifier les limites des modèles passés et mettre en lumière les leviers d’une action internationale véritablement coconstruite.
o Perspectives de redéfinition des partenariats de coopération décentralisée franco-africains
– Baye Mayoro Diop, Directeur de la Coopération Décentralisée (DIRCOD) – Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires (MUCTAT) au Sénégal
– Représentant de la Côte d’Ivoire – en attente de confirmation
o Les diasporas, un levier pour penser des coopérations coconstruites / réinventer ses manières de coopérer avec l’Afrique
– Montpellier Méditerranée Métropole – en attente de confirmation
2) Vers de nouvelles opportunités et manières de coopérer pour la coopération décentralisée entre la France et l’Afrique ?
Contexte : Dans un contexte de recomposition des relations entre la France et l’Afrique, marqué notamment par les ruptures diplomatiques avec plusieurs pays du Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger), la coopération décentralisée se voit directement affectée. En témoignent les ralentissements voire suspension de projets menés entre plusieurs collectivités françaises et leurs partenaires. Cette situation invite à repenser les modalités de nos actions internationales en identifiant des pistes d’adaptation et en explorant de nouvelles géographies et thématiques de coopération, afin de mettre en œuvre des projets fondés sur des aspirations communes. Cette démarche ne pourra se faire qu’en étant à l’écoute de nos homologues africains et en s’inspirant des initiatives déjà existantes, notamment portées par des collectivités d’outremers de l’Océan Indien.
o Faire évoluer nos modalités d’action internationale en intégrant les perspectives de nos homologues africains
– Ousmane Sako, Conseiller gouvernance territoriale, Ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation (Guinée)
– Touni Koubonou, Maire de Doufelgou 2 et Présidente de la Faîtières des Communes du Togo
o Vers une plus grande réciprocité : regard depuis les outremers
– Ville de Mamoudzou ou Conseil Régional de la Réunion – en attente de confirmation
(Temps de questions / réponses 20mn)
Contacts :
Enora Kergutuil, Chargée de mission Afrique de l’Ouest & Madagascar (en remplacement de Florence Rabezandriantsoa) : e.kergutuil@cites-unies-france.org
Yasmine Jeanne, Assistante chargée de mission : service.geothem@cites-unies-france.org